Mercredi 22 avril 2009

   « Il fallait râler avant ». C’est par cette phrase pleine de mépris que la porte parole du Commissaire européen aux affaires maritimes a accueilli la revendication des pêcheurs français d’une augmentation des quotas. Ainsi, le cri de désespoir d’une profession qui ne veut pas mourir est ramené à une simple protestation, équivalente à celle de l’automobiliste qui s’impatienterait derrière un feu rouge. A aucun moment, il ne semble venu à l’esprit de la porte parole que si les pêcheurs « râlent » c’est parce qu’ils ont été abandonnés.

   Abandonnés par l’Europe d’abord. En effet, c’est Bruxelles qui décide chaque année d’un quota de pêche global par catégorie de poisson. Ce quota est fixé en fonction de l’avis d’un comité d’expert (un seul groupe d’expert, choisi par la commission elle-même) et en fonction des négociations faites avec les autres pays de pêche non membre de l’Union (essentiellement la Norvège). Dans le cas du cabillaud, la Commission a si bien défendu les intérêts de l’Europe que la Norvège (5 millions d’habitants) pêche à elle seule 10 fois plus que toute l’Union Européenne réunie (qui pourtant regroupe plus de 400 millions d’habitants). Résultat de la politique européenne censée protéger la ressource marine : les pays européens et en particulier la France se retrouvent à devoir importer massivement du poisson venu de Norvège… poisson qu’ils auraient pu pêcher eux-mêmes.

   Mais la Commission n’est pas seule responsable du malheur des pêcheurs français. En effet, une fois le quota global de pêche arrêté, ce sont les ministres européens de la pêche qui décident de la répartition de ces quotas entre les différents Etats membres. Et le ministre français de l’époque, Michel Barnier, avait voté l’accord octroyant à la France seulement 13% des quotas de cabillaud – moins de 2% si l’on tient compte de la Norvège - (soit deux fois moins que le Danemark pourtant 10 fois moins peuplé). 

   Pour répondre à la colère des pêcheurs, la proximité des élections européennes aidant, le ministre candidat (UMP) Michel Barnier a proposé une aide d’urgence de 4 millions d’Euros. Même si cette aide venait à être versée – les pêcheurs attendent toujours le paiement des aides promises l’année dernière -, elle ne résoudrait rien. En effet, les pêcheurs ne demandent pas l’aumône, ils espèrent juste une révision des quotas pour pouvoir vivre dignement de leur travail. Mais, le ministre ne l’entend pas de cette oreille et se refuse à toute renégociation des quotas au motif que le problème ne vient pas des quotas mais du nombre trop élevé de bateaux de pêche (et donc de pêcheurs ?). Le ministre n’est donc pas dans une logique de sauvegarde des emplois mais bien dans une logique d’accompagnement de la mort programmée de la pêche artisanale française. 

   Debout La République ne se résigne pas à la disparition de la pêche artisanale française et demande à ce que les intérêts de nos pêcheurs soient enfin correctement défendus à Bruxelles. En particulier, nous demandons un relèvement des quotas attribués à la France et une renégociation de l’accord avec la Norvège. Si Bruxelles refuse, nous attendons du gouvernement qu’il s’exonère des quotas européens de pêche et qu’il négocie de nouveaux accords !

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Par Arnaud Clément - Publié dans : Actualités européennes - Communauté : Avenir Gaulliste
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Mardi 21 avril 2009

   Quand l'Europe devient concrète, elle s'affirme telle qu'elle est véritablement : contraignante et ne prenant pas en compte l'intérêt des peuples de l'Europe. Démonstration avec cette directive européenne de septembre 2007, passée presque inaperçue. Elle offre désormais une totale liberté aux industriels pour vendre leurs produits dans des quantités non réglementées, avec un conditionnement "qu'ils décident eux-mêmes". Où se trouve l'intérêt du citoyen-consommateur européen ??? La Commission de Bruxelles voudrait l'induire en erreur qu'elle ne s'y prendrait pas autrement.

   Voici un article détaillé, publié sur un blog que j'ai découvert récemment, DéChiffrages, du journaliste économique Jean-François Couvrat. Je vous invite à le lire dans son intégralité, car il permet de prendre conscience de la bêtise de cette décision prise par Bruxelles :

   Jusqu'à présent, le consommateur européen savait qu'il achetait son beurre en plaquette d'une demi-livre, son riz en paquets de 500 grammes et sa peinture en pots d'un kilo. Désormais, les fabricants peuvent présenter leurs produits, pré-emballés dans les quantités qu'ils décident eux-mêmes. Par exemple 480 grammes de riz, 85 centilitres de peinture. Et même, à partir d'octobre 2012, des plaquettes de beurre de 240 grammes, voire 230 : il faudra bien regarder (1).

   Cette déréglementation est imposée par une directive européenne datant de 2007, mais habilement préparée depuis 2001. Elle tourne le dos aux principes qui prévalaient en Europe en 1975, lorsqu'une précédente directive affirmait : "Il est nécessaire de réduire autant que possible le nombre des volumes de contenants qui sont trop proches les uns des autres pour le même produit et qui sont par conséquent susceptibles d'induire le consommateur en erreur."

   Chercherait-on aujourd'hui à favoriser l'industriel que l'on contrecarrait jadis, assez sournois pour tenter de vendre 480 grammes au prix habituel de la livre ? N'étaient les faux sondages et les vrais mensonges qui émaillent l'histoire de cette directive, on ne se poserait pas la question.

   Officiellement, cette réforme est mise en oeuvre dans l'intérêt bien compris du consommateur. C'est pour son bien qu'elle le prive de ses repères, pour ainsi dire à sa demande. Il s'agit de "répondre à ses goûts" avant même qu'il les formule ; de "mieux l'informer", de "stimuler la concurrence", de "favoriser la transparence"...

   La Commission, dont l'imperméabilité aux lobbies fait la réputation, a préparé son projet de directive, écrit-elle, en s'appuyant sur "une analyse d'impact, incluant une large consultation de toutes les parties prenantes." Du sérieux.

   Dans son projet, à la page 8, elle commence par invoquer un sondage Eurobaromètres réalisé en 2001, dans lequel les consommateurs européens réclameraient des tailles d'emballages plus diversifiées. On notera surtout qu'à 78,9% (dont 86,6% en France), ils réclament au contraire "des paquets, conserves et bouteilles mieux standardisés." 

   La Commission se réfère également à une consultation publique par Internet qu'elle organisa fin 2002. Une consultation "en onze langues", s'il vous plait, ce qui fait beaucoup pour le nombre de réponses obtenues : 571, dont 535 provenant de consommateurs. Ce faible score et sa répartition géographique - 18% en Finlande, 10% au Royaume-Uni (la France n'est pas classée)... - auraient poussé ces résultats vers la poubelle dans n'importe quel institut de sondage normalement constitué.

   Pas à Bruxelles, où la conclusion s'est imposée, c'est le cas de le dire, d'elle-même : "Il n'existe en général aucun besoin public de réglementation de formats obligatoires." D'ailleurs, la Commission a interrogé des organisations de consommateurs dans 25 Etats membres de l'Union. Huit ont répondu. Toutes sauf une ont approuvé la déréglementation, dont deux en France : la Confédération Nationale des Associations Familiales Catholiques (CNAFC) et l'Association nationale des Consommateurs et usagers (CLCV).

   Un institut royal britannique, représentant deux millions de malvoyants, s'est montré favorable aux formats d'emballages réglementés. Mais la Commission, qui a approché les diabétiques "sur une base individuelle", invoque leur désir d'emballages adaptés à leurs besoins, et donc multiples - ça ne s'invente pas.

   Il est vrai qu'une autre directive impose en Europe le double affichage des prix de détail : une étiquette pour le prix du produit, une autre pour son prix à l'unité, au kilo ou au litre. Ainsi, quelle que soit la taille de l'emballage, la transparence des prix est en principe assurée. En principe, car en réalité, le prix unitaire est affiché en si petite taille que les malvoyants ne sont pas les seuls à le manquer. [...]

   Or il faut bien constater qu'à se propos, la directive est timide, voire vicieuse. C'est son 12ème considérant : "Afin d'améliorer la protection des consommateurs, en particulier celle des consommateurs vulnérables, tels que les personnes handicapées ou âgées, il convient de veiller particulièrement à ce que les indications de poids et de mesures sur l'étiquetage des produits de consommation soient plus faciles à lire et plus visibles sur les préemballages dans des conditions habituelles de présentation."

   Plus facile, plus visible que quoi ? Et parle-t-on de l'étiquette posée par le détaillant devant le produit ou des mentions imprimées sur l'emballage ? Il eut été facile d'écrire : "Le prix unitaire sera indiqué en caractères de même taille que le prix du produit." Mais visiblement, la transparence n'est pas le but recherché.

   (1) Les emballages de lait, de beurre, de pâtes alimentaires sèches et de café restent réglementés jusqu'au 11 octobre 2012 ; ceux du sucre blanc, jusqu'au 11 octobre 2013.

   Et si cet exemple était le seul... Malheureusement, l'Europe concrète est trop souvent au final une Europe défavorable aux citoyens. A eux d'exprimer clairement le 7 juin prochain, lors des élections européennes, l'urgence d'une autre Europe, cette autre Europe qu'incarnent les candidats de Debout La République avec Nicolas Dupont-Aignan

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Par Arnaud Clément - Publié dans : Actualités européennes
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Mardi 31 mars 2009

   Alors que chacun peut être à juste titre, choqué par les bonus et autres stock-options que s'attribuent les dirigeants d'entreprises qui délocalisent, qui licencient ou qui ont reçu des aides publiques pour surmonter la crise, on apprend les chiffres à plusieurs zéros que vont touchés les Commissaires européens qui vont quitter la Commission Barroso en fin d'année. C'est l'occasion de se pencher sur les rémunérations de ces personnes qui de Bruxelles n'hésitent pas à exprimer leurs remontrances et cherchent à imposer leurs fameuses directives.

   A leur entrée en fonctions, les commissaires perçoivent une indemnité d'installation égale à deux mois du traitement de base. Ce traitement de base s'élève depuis le 1er juillet 2008 à 19909,89 euros mensuel (22120,10 pour les Vice-Présidents et 24422,80 euros pour le Président). De plus, les commissaires reçoivent une indemnité de résidence égale à 15% de leur traitement de base et une indemnité mensuelle de représentation d'un montant de 607 euros (911,38 euros pour les Vice-Présidents et 1418,07 euros pour le Président).

   Ce qui signifie que chaque commissaire perçoit chaque année 282040,48 euros, et le Président Barroso, 354051,48 euros. Mais il faut alller plus loin : avec de si faibles sommes perçues durant leur mandat de cinq ans, les membres de la Commission européenne ont besoin d'assurer leur vie d'après. 

   C'est pour cela qu'à leur départ, les membres de la Commission percevront une indemnité de réinstallation égale à un mois du traitement de base ; seront remboursés de leurs frais de voyage et de déménagement et surtout, percevront une indemnité mensuelle pendant 3 ans, d'un montant allant de 40% à 65% du traitement de base final selon la durée des fonctions, soit entre 7963,95 euros et 12941,43 euros pour un commissaire. Ce qui fait tout de même au bout des trois années : entre 290000 euros et 470000 euros ! (Non, il n'y a pas d'erreur...)

   Mais il est tout de même précisé que cette indemnité est plafonnée. En effet, si l'ancien commissaire exerce une nouvelle activité rémunérée, le salaire qu'il perçoit, ajouté à l'indemnité ne devra pas dépasser la rémunération qu'il percevait en tant que membre de la Commission. Vous voilà rassuré ? Attendez la suite... 

   Par exemple, l'ancien commissaire européen au commerce, le britannique Peter Mandelson, qui a démissionné de son poste après avoir été nommé ministe dans le Gouvernement de Gordon Brown, continue de toucher une partie de son salaire de Bruxelles pour un montant de 80000 euros par an. En ajoutant son traitement de ministre (plus de 100000 euros par an, ce qui est une misère...), on peut raisonnablement penser que Monsieur Mandelson ne manque de rien avec l'équivalent d'un double salaire versé par l'Europe...

    Et s'il n'était qu'un cas isolé... mais c'est la même chose pour le ministre italien Franco Frattini, ou pour le ministre chypriote Marcos Kyprianou qui ont eux aussi démissionné de la Commission européenne et qui continuent de bénéficier des généreuses indemnités de Bruxelles.

   Bien évidemment, ces indemnités sont soumises à l'impôt. Mais il n'en reste pas moins que ces chiffres et les cumuls des rémunérations sont scandaleux. Alors avant d'appeler les entreprises à plus de modération, la Commission européenne ferait bien de revoir son propre fonctionnement et de se modérer elle-même. Franchement, vous l'aimez vraiment cette Europe-là ?

Lu sur arnaudclement.org

Par Arnaud Clément - Publié dans : Fonctionnement de l'Europe
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Mardi 24 mars 2009
Par Arnaud Clément - Publié dans : Européennes 2009
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Vendredi 20 mars 2009

   En autorisant la production de rosé par assemblage de vin blanc et rouge, la Commission de Bruxelles commet un sacrilège bachique. Mais attention, une hypocrisie peut en cacher une autre.

   Ces gens ne reculent devant rien pour immoraliser notre monde en laissant libre cours au néo-libéralisme le plus voyou. On sent le réseau Barroso ivre de vengeance, affamé de déréglementation, obsédé par le déverrouillage du fric, aveuglé par sa haine de l’éthique économique.

   Le monde viticole européen était parvenu, depuis une quarantaine d’années, à s’imposer des normes de production plus respectueuses de la nature et plus soucieuses de la qualité des vins. Une morale, non pas généralisée, loin s’en faut, mais qui gagnait sans cesse du terrain, notamment dans les pays du sud de l’Europe où certaines pratiques frauduleuses étaient encore en vigueur. Il n’y a pas si longtemps, on fabriquait encore du vin en Espagne et en Italie sans une grappe de raisin. Ces dérives commençaient à devenir de mauvais souvenirs… et voilà que nous apprenons que la Commission européenne, présidée par l’ancien premier ministre portugais Manuel Barroso, celui qui avait accueilli Bush, Blair et Aznar aux Açores pour décider l’intervention militaire en Irak, veut autoriser à présent la production de vin rosé par assemblage de blanc et de rouge. Quelle horreur ! Une indignation d’autant plus douloureuse pour les amoureux du vin que l’on sent derrière cette forfaiture la pression du lobby des négociants véreux pour obtenir de la Commission le droit de gruger un peu plus le consommateur payeur, bien trop protégé, à leurs yeux, par des lois soviétiques le mettant à l’abri de leur voracité. « On ne peut plus s’enrichir sur le dos des cons, crient-ils à Barroso, fais donc quelque chose Manuel ! », les entend-on beugler du fond de leurs bureaux bruxellois. Si ce projet devait passer, ce serait un peu comme si l’on ouvrait la porte des prisons à une catégorie de délinquants. La revanche des voyous sur quarante années de réglementation durement conquise sur les fraudeurs. On perçoit d’ici l’image de la société à laquelle rêvent ces gens et l’on tremble à l’idée que la Sarkozye soit un jour remplacée par la Barrosie. Les deux hommes s’apprécient pourtant. Un scénario de politique fiction dans lequel la zone de non droit serait encore le dernier vestige de la civilisation.

   L'avenir du rosé n'est pas rose
   Pour en revenir à notre rosé, les pouvoirs publics français, en accord avec les instances professionnelles viticoles, étaient peu à peu parvenus à redorer l’image d’un vin dont la seule couleur suffisait à soulever toutes les suspicions. Qui n’a jamais entendu des maximes définitives dans le genre : « Le rosé c’est dégueulasse », « Le rosé c’est pas du vin », « Le rosé c’est de la magouille », « Le rosé c’est du pinard tripoté » ? Alors que l’INAO (Institut national des appellations d’origine) était arrivé à convaincre que l’essor commercial des vins rosés passait obligatoirement par un redoublement de la rigueur qualitative, le projet de Bruxelles signifierait un retour à l’âge de pierre de la vinasse. A peine le consommateur dégustateur commence-t-il à accorder un peu de considération à des vins rosés en constante amélioration, parts de marché croissantes à l’appui depuis cinq ans, que le bunker bruxellois (qui ne l’est pas toujours, on l’a vu il y a six ans, lorsqu’il empêcha la fusion Hachette-Vivendi au nom du principe des monopoles abusifs) s’empresse de tout foutre en l’air. Il y a en effet moyen de se faire du fric facilement puisque les Européens boivent de plus en plus de rosé. « Eh bien qu’on s’en mette plein les fouilles, a exigé le négoce globalisé, prenons le pognon là où il se trouve ». Pauvre rosé qui commençait à peine à s’en sortir en donnant enfin des motifs d’espoir à tous les bons vignerons, attachés à cette couleur, qui redoublent d’effort pour produire un nectar de plaisir. Car s’il y a encore beaucoup de mauvais rosés, il est évident qu’il y en a chaque jour de meilleurs, que ce soit en Provence, dans le Roussillon, le Languedoc, la vallée du Rhône, le Sud-Ouest et le Val de Loire.

   Un vrai rosé, c’est un raisin rouge que l’on presse et qu’on laisse macérer très peu de temps, de quatre à vingt-quatre heures, selon l’intensité souhaitée, afin d’obtenir la teinte répondant à l’attente du vigneron. Plus il est foncé, plus il est capiteux. Plus il est pâle, plus il est délicat. L’autre méthode, moins noble, consiste à prélever du jus dans une cuve en fermentation destinée à faire du rouge, au moment où la couleur de macération passe par la phase rosée. Cette pratique, dite de la saignée, au demeurant la plus répandue, est en fait en une interruption volontaire de cuvaison à un moment précis de la coloration du vin. Cela peut donner de bons résultats.

   Barnier défendra-t-il le vrai rosé ?
   Obtenir du rosé par ajout d’un peu de vin rouge dans une cuve de vin blanc relève en revanche de l’immoralité absolue, de la tricherie la plus infâme, du maquillage sordide. C’est pourtant ce que les valeureux défenseurs du projet constitutionnel de 2005 et de son avorton de Lisbonne s’apprêtent à légaliser. Laissera-t-on faire ? Notre ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, pourtant si proche des lobbies agroalimentaires (n’a t-il pas déclaré, l’an dernier, au congrès de l’ANIA l'association nationale des industries alimentaires — « Je suis votre ministre » ?) promet de partir en guerre contre cette infamie viticole. Un bémol cependant à l’ire des défenseurs du vrai rosé, dont nous sommes, puisque notre glorieuse Champagne a recours à cet affreux procédé pour faire ses rosés.
 
   A part quelques maisons héroïques, la quasi totalité des champagnes rosés sont en effet le résultat d’un assemblage de blanc et de rouge. Une pratique tout à fait légale uniquement dans l’appellation champagne. Les amateurs de champagnes rosés savent-ils que lorsqu’ils payent 395 euros une bouteille de la grande cuvée Alexandra de chez Laurent-Perrier, ils achètent en réalité, fût-il sublime, un vin de coupage ?

   Un flacon que Manuel Barroso fera certainement péter pour trinquer avec ses complices si sa forfaiture devait aboutir le 27 avril…

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Par Arnaud Clément - Publié dans : Actualités européennes
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