« Il fallait râler avant ». C’est par cette phrase pleine de mépris
que la porte parole du Commissaire européen aux affaires maritimes a accueilli la revendication des pêcheurs français d’une augmentation des quotas. Ainsi, le cri de désespoir d’une profession
qui ne veut pas mourir est ramené à une simple protestation, équivalente à celle de l’automobiliste qui s’impatienterait derrière un feu rouge. A aucun moment, il ne semble venu à l’esprit de la
porte parole que si les pêcheurs « râlent » c’est parce qu’ils ont été abandonnés.
Abandonnés par l’Europe d’abord. En effet, c’est Bruxelles qui décide chaque année d’un quota de pêche global par catégorie de poisson. Ce quota est fixé en fonction de l’avis d’un comité
d’expert (un seul groupe d’expert, choisi par la commission elle-même) et en fonction des négociations faites avec les autres pays de pêche non membre de l’Union (essentiellement la Norvège).
Dans le cas du cabillaud, la Commission a si bien défendu les intérêts de l’Europe que la Norvège (5 millions d’habitants) pêche à elle seule 10 fois plus que toute l’Union Européenne réunie (qui
pourtant regroupe plus de 400 millions d’habitants). Résultat de la politique européenne censée protéger la ressource marine : les pays européens et en particulier la France se retrouvent à
devoir importer massivement du poisson venu de Norvège… poisson qu’ils auraient pu pêcher eux-mêmes.
Mais la Commission n’est pas seule responsable du malheur des pêcheurs français. En effet, une fois le quota global de pêche arrêté, ce sont les ministres européens de la pêche qui décident de la
répartition de ces quotas entre les différents Etats membres. Et le ministre français de l’époque, Michel Barnier, avait voté l’accord octroyant à la France seulement 13% des quotas de cabillaud
– moins de 2% si l’on tient compte de la Norvège - (soit deux fois moins que le Danemark pourtant 10 fois moins peuplé).
Pour répondre à
la colère des pêcheurs, la proximité des élections européennes aidant, le ministre candidat (UMP) Michel Barnier a proposé une aide d’urgence de 4 millions d’Euros. Même si cette aide venait à
être versée – les pêcheurs attendent toujours le paiement des aides promises l’année dernière -, elle ne résoudrait rien. En effet, les pêcheurs ne demandent pas l’aumône, ils espèrent juste
une révision des quotas pour pouvoir vivre dignement de leur travail. Mais, le ministre ne l’entend pas de cette oreille et se refuse à toute renégociation des quotas au motif que le problème ne
vient pas des quotas mais du nombre trop élevé de bateaux de pêche (et donc de pêcheurs ?). Le ministre n’est donc pas dans une logique de sauvegarde des emplois mais bien dans une logique
d’accompagnement de la mort programmée de la pêche artisanale française.
Debout La
République ne se résigne pas à la disparition de la pêche artisanale française et demande à ce que les intérêts de nos pêcheurs soient enfin correctement défendus à Bruxelles. En particulier,
nous demandons un relèvement des quotas attribués à la France et une renégociation de l’accord avec la Norvège. Si Bruxelles refuse, nous attendons du gouvernement qu’il s’exonère des quotas
européens de pêche et qu’il négocie de nouveaux accords !
Lu sur europeennes2009.fr
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Quand l'Europe devient concrète, elle s'affirme telle qu'elle est véritablement : contraignante et ne prenant pas en compte l'intérêt des peuples de l'Europe.
Démonstration avec cette 

C'est pour cela qu'à
leur départ, les membres de la Commission percevront une indemnité de réinstallation égale à un mois du traitement de base ; seront remboursés de leurs frais de voyage et de déménagement et
surtout, percevront
Par exemple, l'ancien
commissaire européen au commerce, le britannique Peter Mandelson, qui a démissionné de son poste après avoir été nommé ministe dans le Gouvernement de Gordon Brown, continue de toucher une partie
de son salaire de Bruxelles pour un montant de 80000 euros par an. En ajoutant son traitement de ministre (plus de 100000 euros par an, ce qui est une misère...), on peut
raisonnablement penser que Monsieur Mandelson ne manque de rien avec l'équivalent d'un double salaire versé par l'Europe...

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